J'écris : mes nouvelles, sketchs...

Humour – Les oeufs du Créateur

En 2014, un peu émoustillé par la vague à succès de la Fantasy, j’ai eu l’envie d’écrire moi aussi un roman sur ce sujet. J’ai donc imaginé le scénario possible d’un roman qui devait être d’une grande ambition…

Tellement ambitieux que je ne me suis jamais lancé dedans tant les recherches à mener étaient importantes ! Le projet est resté dans un tiroir jusqu’à ce que je l’exhume sous une forme très différente !

Mon scénario est devenu l’intrigue d’un texte humoristique court en trois chapitres. Il m’a fallu tout de même plusieurs mois pour l’écriture, revenant dessus à de nombreuses reprises. Au final, j’en suis assez content. L’écriture est assez fine et j’ai trouvé un certain nombre de « trucs humoristiques ».

Je vous le livre à présent en espérant que cela vous plaira.

I

Oyez-oyé ! Réjouissez-vous ! Aujourd’hui est un jour de joie.

Une bataille importante a été remportée.

Nos héros s’en reviennent des combats, ils sont exténués.

Les affrontements furent longs, âpres et nombre des participants furent tués tragiquement. Seule une petite minorité a pu se faire massacrer dans la franche rigolade.

 

L’ennemi a été belliqueux, déterminé. Il n’a reculé devant aucun obstacle : il a marché sur les précipices !

400 000 de leurs soldats se lancèrent sur le premier d’entre eux.

En le quittant, leur chef s’écria : « Soldats ! Nous sommes 150 000 et notre détermination est sans faille ».

Après un marécage et des sables mouvants, il fut triomphant : « Je dirige une armée de 30 têtes ! Des durs, des invincibles ! »

Puis ce fut le tour de la fosse aux serpents. Il déclara alors : « Dieu a créé le monde en 7 jours. Et ça tombe bien, nous sommes 7 ! ».

Ces combattants sont venus détruire le peuple des hommes et se sont beaucoup entraînés pour cela.

Ah oui, ils en ont pulvérisé, des colonies de fourmis !

 

Mais la famine a achevé de décimer les troupes. Un seul combattant a marché vers notre village, on l’appelle le Créateur.

Après tant de vies détruites derrière lui, il s’est cependant demandé ce qu’il avait bien pu créer aujourd’hui ?

Il se dit que « le Boucher » lui irait beaucoup mieux.

Le Gâchis n’est pas mal non plus ! Le Grand Gâchis !

 

Pendant ce temps, nous non plus n’avons reculé devant aucun obstacle.

C’est pourquoi les grands gagnants de cette guerre, ce sont les précipices !

Mais chut, voilà notre héros, notre survivant, qui s’avance avec une manière de marcher qui n’appartient qu’à lui.

Car s’il voulait la donner à un passant, celui-ci s’empresserait de répondre : « Garde-là ! »

Le voici. Chut, vous dis-je.

 

II

« Soldats, je suis fier de diriger une armée conquérante de 20 000 hommes !

Aujourd’hui, je vous mène à l’abattoir, pardon à la bataille !!

Avec moi ! »

C’est avec ces mots que j’ai harangué mes hommes.

Pendant tout le trajet, je les ai encouragés.

La mer est en vue ! J’ai hurlé : « Allez les gars, tous à l’eau » !

Nous rejoignons la berge ! J’ai vociféré : « tous sur la terre ! »

Un précipice ! Je me suis époumoné : « Tous dans le vide ! »

L’un de mes hommes s’est penché sur l’obstacle et il m’a demandé : « il le faut vraiment ? »

J’ai tenu bon. « Oui. Montrez donc à l’ennemi ! Qu’il voit ce qu’y s’passe quand 100 mètres vous séparent du sol. »

Ca a été vite vu. Un quart d’heure plus tard, j’étais seul. Aucun n’avait survécu.

J’étais effondré. J’étais au fond du trou. Enfin, mes hommes plus que moi.

C’est quand même incroyable ! Aucun n’est remonté !

Quoiqu’il en soit, cette épouvantable tragédie m’a mis une pêche d’enfer !

Je ne pleure jamais un mort plus de 10 secondes, 15 quand c’est un ami.

Je suis donc parti moi-même guerroyer.

J’ai connu des batailles ou nous avions commencé à 20 contre 1 et fini à 1 contre 5. Parfois nous avons débuté à 100 contre 1 et fini à 1 contre 20.

Peut-être que si je commence directement à 1 contre 20 000, je vais finir à 5 contre 1 ?

Après des heures de marche, des jours peut-être, je suis arrivé en terre ennemie. Il y avait de tout : des orcs, des trolls, des gobelins.

Et tu crois qu’ils m’auraient fait un sourire pour m’accueillir ? Pas un seul !

Je me suis frayé un chemin entre les trolls.

L’un d’eux m’a fusillé du regard. « Nous sommes prêts à en découdre » m’a-t-il dit et il me montre une pile de chemises.

Un autre me dit : « Je vais te faire les os et je laisserai ta peau brûler au soleil ». C’était l’inverse mais j’ai compris le message !

Enfin, je rejoins leur chef.

Nous avons croisé le fer avec nos yeux quelques instants.

Il n’y a pas eu de mort pendant cet affrontement.

J’ai pris mon courage à deux mains. J’ai dégainé mon épée, je l’ai levé haut et fort.

L’ennemi était subjugué. Personne n’imaginait ce qui allait se passer.

J’ai abaissé l’épée et d’un coup sec, j’ai porté le coup fatal ! Je n’ai pas eu un remords, pas un regret, rien qu’une remarque.

L’épée en plastique, pour transpercer le métal, ce n’est quand même pas le mieux.

J’ai donc échoué et avant que l’ennemi ne réalise… J’ai couru !

« Vous ne me cernerez jamais, ai-je hurlé, j’ai mis mon anti-cernes ! »

Ils m’ont rattrapé, j’ai dégainé.

Je me suis battu impétueusement et avec rage.

Je passerai les détails de cette bataille mémorable mais ô combien sanglante.

III

Tiens, mon téléphone portable sonne.

On m’a appelé pendant que je me suis battu ? Voyons ce qu’on a à me dire.

« Ceci est un appel anonyme, qui je suis n’a aucune importance. Ce que je vais vous apprendre est par contre capital.

Vous avez tué le Créateur, n’en espérez aucune gloire, n’en attendez aucune reconnaissance. Personne ne vous applaudira. Vous êtes une merde ! Une grosse merde avec plein d’insectes dedans. Et des asticots aussi.. et un drapeau… Mais ce n’est pas le sujet.

Déjà humilié par la race des hommes, le Créateur a juré de se venger. Dans la discrétion de son exil, il a constitué une monstrueuse armée.

Le Créateur peut ramener les morts à la vie mais il peut aussi la donner.

Pour cela, il pond. Il se met sur un nid et hop, ça tombe !

Il s’est donc installé au fond d’une grotte et dans la souffrance et dans la douleur, il s’est mis à pondre.

D’énormes œufs gluants et verdâtres. Imaginez que la surface de la Terre ne soit qu’un immense plateau posé sur une cavité.

Dans cette cavité, des millions d’œufs qui attendent patiemment le bon jour pour éclore. Enfin, pas que quelqu’un leur dise « bonjour » car il suffirait de leur dire « bonsoir » pour qu’ils ne sortent jamais. Vous me comprenez ?

Ces œufs obéissent à leur Maître et s’ouvrent sur un geste, un signe de sa part. Sa mort en était un.

Imaginez à présent ces œufs qui, doucement, s’entrechoquent. Ecoutez leurs coquilles craqueler instant après instant.

Plus que jamais, le monde est en danger ! Bientôt un torrent de haine et de folie meurtrière s’abattra sur les hommes.

Vous devez descendre dans la grotte et éradiquer cette menace que vous avez vous-même réveillée.

L’entrée est située. .. Dans le… l’entrée est… elle est près d’un gros chêne. Oui, c’est ça ! A moins que ce ne soit un rond point ? Bref allez au nord. Non! Au sud plutôt. C’est ça : plein ouest !

Tout ça pour dire que je ne sais pas où est l’entrée…

Débrouillez-vous, adieu, sauvez ce monde que vous avez perdu. ».

Voilà bien l’ingratitude des hommes. Vous les sauvez et il faut encore y retourner !

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