J'écris : mes nouvelles, sketchs...·Uncategorized

Hellooooo !

Happy to see you’re ready to discover the third part of the story !

Please listen to the third part on Soundcloud

 

Have you all understood ? Hum, let’s look at this ! Here are my questions for you !

Has Veronique successfully opened the portal ?

In what room of the home Denise has sleeped ?

Has Mr Johnson been killed by the creatures ?

What is the last action of Mr Johnson in this part ?

 

Too hard ? So please feel free to listen again to the part.

Please listen to the third part on Soundcloud

And of course, you can read the text of the third part.

 

Please feel free to post in comments your answers. So I’ll tell you if you’re right or wrong. And if you like this story, find it useful to learn french, please share it with your friends. Thank you a lot.

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J'écris : mes nouvelles, sketchs...·Uncategorized

What is the last name of Jim’s great love ?

Hey !

I am happy to see you want to discover the second part of the story !

Listen to the second part on Soundcloud

Have you understood the story ? Now it’s time for you to answer to my questions !

What is the last name of Jim’s great love ?

What happens when Jim placed his hand on her ?

What has Mr Johnson collected ?

Does Jim won the final fight ?

 

Is it hard ? So please :

Listen to the second part on Soundcloud

If necessary, you can read the text of the short story.

 

Please feel free to post comments below this post to give your answers and I will say if you’re right or wrong 🙂 If you like the story and find it useful to learn french, please share it with your friends. Make people know more my story ! Thank you a lot for that.

J'écris : mes nouvelles, sketchs...·Uncategorized

Ce que vous dites me touche – 5è partie

1ère partie2è partie3è partie4è partie5è partie

– Ouais ! Vous pouvez parler, éructe Mickaël. Vos créatures ont décimé nos amis. Même Loïc !

– Et bien, tuez-moi, si vous l’osez ? Vengez vos amis.

– Non, réplique Mickaël d’une voix basse, je ne le peux pas. Vous sortez toujours vainqueur.

– Je peux peut-être vous aider. Et si vous vous en preniez à mes créatures ?

– Quoi ?

*

Le plus calmement du monde, M. Johnson se lève et appuie sur un bouton contre un mur. Au sol, une trappe s’ouvre. Subitement, Véronique comprend pourquoi cette maison a toujours paru inhabitée. Elle n’a tout simplement pas été pensée pour être occupée ! Toute trace de vie n’y peut être que fugace, un accident dans une éternité de silence. Même la Mort a trouvé l’endroit trop désert.

Pour voir la Vie, il faut descendre.

Et justement, Mickaël se penche sur la trappe, s’empare d’une échelle. Véronique le rejoint vivement, elle ne veut pas rester seule avec le vieillard. Celui-ci clôt la marche et ferme la trappe de l’intérieur comme il tournerait la dernière page d’un livre.

– Ici, annonce M. Johnson, faites comme bon vous semblera.

Mickaël s’avance et découvre… des bonbonnes ! Des dizaines de bonbonnes en verre, de toutes tailles, toutes contenant un disque. Cet endroit est en quelque sorte un laboratoire !

Voilà qui intrigue à nouveau Véronique. Pourquoi peut M. Johnson les a-t-il conduits ici ? Dans cet endroit qu’ils n’auraient jamais découvert et qu’ils peuvent maintenant détruire ?

Son teint rose immonde n’est certainement pas perclus d’inquiétude. Il témoigne au contraire d’une grande sérénité qui frise l’inconscience. L’hôte ds lieux abandonne soudain ses comparses. Il s’enfonce dans le laboratoire. Il contourne une table sur laquelle une bonbonne ouverte a été déposée. Il insère un entonnoir dans le goulot puis s’incline. L’improbable se produit ! Sa tête en forme de tasse est en vérité un récipient dont le contenu se déverse dans la bonbonne.

Un disque qui va désormais ingérer un liquide. Peut-être cela l’aide-t-il à grandir ?

C’en est trop pour Mickaël ! Les morts entassés dans les cimetières, ses amis décimés les uns à la suite des autres par sa faute. Maintenant, ces bonbonnes et il faudrait encore supporter le regard impassible du vieillard ?

Assez !

Le jeune homme s’empare d’un bâton apparu comme par magie, de façon bien opportune. Il perçoit les moindres mouvements des créatures, leur élan vital. Pour ainsi dire, il les entend grandir ! Ses yeux écarquillés fortement fatiguent, sa vue faiblit un peu mais tant pis. Maintenant, il faut agir.

Il tient son bâton à la manière d’une batte de base-ball, décrit des moulinets autour de lui puis, au nom de tous les autres, propulse l’arme et…

…heurtée de plein fouet, l’une des bonbonnes éclate en mille morceaux dans un bruit grisant pour Mickaël. Le liquide se déverse au sol tandis qu’une des bêtes choit. Elle change de couleur, pâlit et succombe rapidement. Ravi, frétillant comme un enfant, Mickaël lève à nouveau sa batte et vient heurter une deuxième bonbonne.

– Mickaël ! Arrête !

Mais l’ordre de Véronique est sans effet. A la vitesse de l’éclair, il frappe et hurle de joie devant le boucan engendré.

Pour Véronique, il devient évident que tout cela était prévu. De loin, M. Johnson la contemple et la félicite du regard. Au rez-de-chaussée, il était probablement sans défense après s’être délesté de deux créatures. Peut-être même que fabriquer un disque le fatigue aussi ?

A deux, ils auraient donc pu le terrasser, il était si vulnérable, si fragile.

Pour sauver sa vie, il a inventé un stratagème. Faisant preuve d’un sang-froid ahurissant, il a mis en place un piège qui a suffi à le sauver.

*

Mickaël s’enorgueillit de plus en plus en voyant toujours plus de bêtes se faire massacrer. Oui mais bien d’autres réussissent à s’envoler, s’échapper. Il y a aussi cette myriade de disques qu’il ne voit pas mais qui surgissent de partout.

Des ouvertures de porte et de cachettes insoupçonnées dans le plafond.

Mickaël continue, gai et rieur, de se défouler. Encore une bonbonne ! Et encore une !

– Mickaël !

Cette fois, le cri terrifié de Véronique le sort de ses occupations. Il laisse tomber son bâton au sol de stupéfaction.

Une horde innombrable de disques volent nerveusement. Certains, au fait de la colère, se déplacent telles des âmes damnées entortillées. Les autres déploient leur superbe. Il y a de petits disques et d’autres qui ressemblent à des raies manta. Progressivement, tous se rapprochent et volent en cercle à l’unisson au-dessus de Mickaël.

On dirait une nuée de corbeaux volant à l’intérieur d’un puits ! C’est magnifique et terrifiant en même temps !

Mickaël regarde une dernière fois Véronique. Pour chercher un dernier mot de réconfort. Il la voit totalement impuissante, il est lui-même décomposé. Au-dessus de lui, le vol collectif génère un courant d’air glacial emportant des nuages de haine et de rancœur. La tête levée, il n’a même plus la force nécessaire pour tenter de s’échapper.

Le vol dure encore d’interminables secondes durant.

Brutalement, les disques s’enroulent sur eux-mêmes, le bas formant un coin tranchant. Puis tous se laissent brutalement tomber sur Mickaël. La violence du choc le fait s’agenouiller tandis que les plus grands disques le transpercent de part en part sous le regard horrifié de Véronique. D’autres disques s’écrasent sur son corps et son visage, déversant une masse gélatineuse qui attaque instantanément sa chair à la manière d’un acide. Tandis qu’il vit ses derniers moments, il subit encore l’outrage et la douleur d’une décomposition de son visage.

Lorsque ces disques tombent à terre, épuisés et mourants, il n’y a plus qu’un crâne figé dans un ultime cri que personne n’a entendu !

*

– Pourquoi avez-vous tué tous mes amis, M. Johnson ?

– Le voile me permet de rendre la réalité plus acceptable. Quand il se retire, je découvre les hommes tels qu’ils sont réellement, avec leurs réactions égoïstes, leur étroitesse de vues. Cela m’est insupportable.

« D’aussi loin que je remonte dans ma vie, j’ai toujours détesté les humains. Les brimades subies pendant l’enfance, les quolibets pendant les années suivantes, m’ont amené à perdre toute confiance dans les miens. Je me suis isolé, j’ai voulu fuir cette race à laquelle j’appartiens. »

« Je n’aurai pas dû rester cet être ignoble qui hait tout le monde. »

« Un jour, en effet, j’ai rencontré une femme. Elle était différente des autres. Elle était belle mais, surtout, elle me comprenait. Elle m’acceptait et m’aimait pour ce que je suis. Avec elle, j’ai redécouvert cet homme sociable que j’avais été dans le passé. Je me suis progressivement ouvert aux autres. Son sourire, sa générosité naturelle me rendaient les gens agréables. L’humanité a perdu ses tares quand je l’ai rencontrée. C’était un amour parfait et je me prenais à faire des projets. »

« Malheureusement, cela n’a pas duré. La vie peut être très cruelle parfois. On me l’a ôtée, volée, lors d’un accident tragique de voiture. Depuis ce jour, j’ai perdu à nouveau confiance dans les hommes. C’est là que j’ai commencé à en fabriquer. Les créatures, les disques. Elles sortent de mon crâne. C’est étrange, oui, inquiétant, un peu mais pas douloureux. Le hasard a voulu que je me gratte un jour le sommet de ma tête pour me rendre compte qu’il s’était ouvert ! Que quelques chose y logeait ! Imaginez ma surprise ! »

– Je l’imagine d’autant plus qu’elles ont un pouvoir magique.

– Oui, c’est ce que j’ai fini par découvrir. Et j’ai payé cette découverte avec des litres de sang. J’ai perdu mes derniers amis en menant sur eux des expérimentations malheureuses. J’ai dédié une salle entière aux créatures que je fabriquais. Je ne connaissais pas leur pouvoir à ce moment mais je sentais qu’elles étaient nées pour interagir avec le monde extérieur ! Pour me servir. J’ai voulu tester leurs pouvoirs et la force de manipulation dont je disposais. Ces bestioles, je les ai tout simplement projetées sur mes amis.

– Et vous vous êtes rendu compte qu’elles mangent leurs victimes ?

– Uniquement celles qui m’ont déçues. Mes amis désapprouvaient mes expériences et la compagnie de ces bêtes. Au final, j’ai dû construire un cimetière avec leurs cadavres.

Véronique a un haut-le-cœur.

– J’ai mené une vie d’ermites dans la villa. Au fil des années, de jeunes gens ont voulu entrer. Je les accueillais pour des séjours touristiques. Au début, cela me divertissait et rapidement, je me suis ennuyé à leurs contacts. Les créatures devenaient un moyen pratique de m’en débarrasser.

– Je suppose que vous nous avez tous aperçu en premier lieu derrière un voile ?

– Lors de votre arrivée, l’une des créatures gardait l’entrée et c’est à travers elle que j’ai vu la quasi-totalité d’entre vous. Vous, vous y avez échappé, je vous ai toujours connue pour celle que vous êtes réellement.

– Et c’est pourquoi je ne vous ai pas déçu. Mais croyez-vous maîtriser vos bêtes ?

Pour la première fois depuis des années, le visage de M. Johnson exprime un sentiment humain. La surprise. Pendant ce temps, Véronique frotte ses yeux pour en ôter les larmes. Bien que dégoûtée, elle prend un air ferme.

– Comment ça ?

– Pour sauver votre vie, vous venez de sacrifier la vie de très nombreux monstres qui existent d’abord pour vous servir. Alors je vous pose cette question : croyez-vous que les créatures vous obéissent ?

– Mais naturellement ! Elles doivent tout à celui qui les a créés. Elles existent grâce à moi.

– Eh bien je dis que non !

La fermeté de son ton à nouveau le surprend. Enfin, ses yeux sont moins enfoncés, enfin son visage adopte une expression. Il rejoint pour la première fois le cercle des hommes et non plus seulement celui des humains gâchés par une vie inacceptable. Il n’a plus discuté depuis des années. Découvrir une jeune femme qui débat le plonge dans un grand désarroi. Il s’avance vers elle pour tenter de la convaincre. Il n’a plus un regard pour ses créatures.

Il ne remarque pas qu’elles essaient de se dégager du corps transpercé de Mickaël. Leurs assauts a eu un effet épouvantable. Elles se sont entre-tuées, beaucoup ont péri mais les plus fortes ont survécu.

– Vos créatures, M. Johnson, ont une vie propre. Elles vous offrent ce que vous demandez mais elles vous enferment aussi dans une bulle qui vous fait perdre le goût pour l’extérieur, la lucidité, l’esprit de recul. Je ne vois pas en vous le monstre rebutant que vous décrivez. Je ne vois rien qu’un homme, certes différent, mais qui n’a pas su, n’a pas pu, trouver sa place au milieu des siens. Un homme qui a perdu confiance en lui et qui, pour se protéger, impose aux autres ce que lui dirait, sa manière de voir. Le monde ne fonctionne pourtant pas ainsi, M. Johnson.

Véronique s’avance alors vers lui, soutient son regard avec une morgue insoupçonnée.

– Ces créatures vous manipulent !

– Non, hurle-t-il. Je peux les détruire quand je veux. Elles ne sont que de vulgaires objets dont je peux me débarrasser à n’importe quel moment !

Il continue d’avancer vers elle, ignorant superbement toutes ces créatures qui, tant bien que mal, s’accrochent à la vie. Et tandis qu’elles mènent ce combat terrible, elles écoutent cette conversation.

– Notre rencontre, Véronique, peut changer les choses. Maintenant que je vous ai rencontrée, vous, non pas sous la forme d’une réalité enjolivée mais de ce que vous êtes, je reprends espoir qu’il existe en ce bas monde au moins une personne qui peut me comprendre. Il suffit d’une seule, Véronique, et tout peut changer.

« Je suis bien trop âgé pour espérer susciter en vous le moindre sentiment à mon égard. J’espère simplement un peu de tendresse pour un vieil homme qui a tant souffert. Je ne vous demanderai jamais de m’aimer, simplement de m’accepter. Et si vous le faites, toutes ces créatures deviendront entièrement inutiles. »

Il s’avance vers elle, quémandant une réponse. Il aimerait tellement qu’elle accepte de l’accompagner pendant le reste de sa vie. Il s’étonne qu’elle ne réponde pas, il s’impatiente légèrement de son silence. A moins que ? Mais oui, elle ne l’écoute pas, lui. Elle est plutôt concentrée sur un bruit que lui avait ignoré jusqu’ici. Elle ne le regarde plus d’ailleurs, quelque chose l’épouvante. Qu’est-ce que c’est ?

La réponse à cette question prend la forme d’un battement d’ailes.

*

Il tourne lentement la tête vers la droite et ouvre grand les yeux. Devant lui, se dresse le spectacle désolé d’un amas de créatures effondrées au sol. La plupart sont déjà mortes, d’autres agonisent et tentent des gestes désespérés pour survivre. Il y a des cadavres partout, parfois même amassés les uns sur les autres.

Cela le laisse indifférent.

Le plus impressionnant est certainement l’énorme masse qui flotte devant lui. Toutes les créatures ayant survécu font œuvre commune, fusionnent les unes avec les autres. M. Johnson ignorait absolument tout de ce pouvoir. Se rassemblant comme elles peuvent, elles forment bientôt une horrible limace géante. Une espèce de créature gluante dont le dos est parsemé de paires d’ailes et le corps, recouvert de gueules s’ouvrant et se fermant régulièrement, affamées.

La fusion est largement imparfaite. C’est surtout une tentative abominable de s’unir. Cette créature suinte de partout, se déplace avec une grande difficulté. Malgré tout, l’amas improbables d’ailes parvient à soulever le corps, tout particulièrement l’arrière, pour incliner la limace en avant. Ainsi, M. Johnson fait-il face à une gueule béante et vengeresse.

Il est tout simplement halluciné. Comment aurait-il pu penser que ces créatures, son œuvre, qui lui doivent la vie mais aussi un sens à leurs existences artificielles, allaient se retourner contre leur créateur ? Sidéré, le vieillard semble également un peu reconnaissant à cette existence qui lui aura paru si injuste. Finalement, le salut libératoire viendra précisément de ces créatures, de son œuvre. De lui-même, en quelque sorte. Après tous ces assassinats sauvages pour le compte de leur maître, il ne voyait pas ces bêtes se sentir blessées dans leur amour-propre au point de réclamer une vengeance.

Cela le conforte quelque peu dans l’idée qu’on ne peut compter que sur soi pour mener son existence et savoir y mettre un terme au bon moment. Cela lui confirme combien la vie est un fardeau. Ou alors, cela veut dire qu’il s’est totalement trompé et complaît dans l’autodestruction.

Il regarde la gueule énorme avec une certaine envie.

– Ce n’est pas croyable, murmure-t-il faiblement.

Il ne bouge pas.

Il est de toute façon trop vieux et trop faible pour leur échapper. C’est pourquoi il patiente.

Brusquement, la créature plonge à la verticale et vient engloutir le vieillard en une seule fois ! Le tout sous le regard tétanisé de Véronique. Oh il est encore en vie, étendu dans la bête ! Il est simplement devenu le prisonnier de ses visions.

Mais, pour la première fois depuis des années, il ressent la peur. Il ne veut plus mourir.

La créature est épuisée après son effort mais elle n’abandonnera pas. Avec force, avec rage, elle parvient péniblement à se redresser. Lentement, mais inéluctablement, elle se repositionne à l’horizontale. Elle se retourne et fait face à l’un des murs. Le vieillard ne parvient qu’à murmurer « non », plusieurs fois à la manière d’un sinistre battement de tambour. Cela donne du rythme et entraîne la limace dans l’action. Elle commence à reculer, prend de l’élan.

– Non ! Non ! Vocifère M. Johnson de plus en plus en plus fort.

Elle continue.

– Non ! Hurle-t-il à nouveau. »

Mais elle ne l’écoute pas.

Assemblant ses dernières énergies à l’unisson, elle se précipite contre un mur dans un grand battement d’ailes. Le choc est d’une violence sans précédent, aucune créature n’y survit.

M. Johnson est en partie éjecté de la bête. Son crâne est cassé, fragmenté, du sang coule de ses lèvres, sa cage thoracique est défoncée.

Il se met à trembler. Il accorde un ultime regard à Véronique comme l’incarnation de cette partenaire idéale qu’il cherchait et que pour la deuxième fois, il s’apprête à perdre. Le temps n’est plus aux regrets et encore moins aux remords.

A quelques secondes de la mort, il est à constater combien la vie en solitaire peut être vaine.

Enfin, le vieil homme s’effondre. Terrassé.

1ère partie2è partie3è partie4è partie5è partie

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Ce que vous dites me touche – 4è partie

1ère partie2è partie3è partie4è partie5è partie

*

Encore raté ! Comment un portail rouillé et branlant peut-il empêcher un groupe de jeunes gens de sortir ? Il suffirait de saisir la porte et de l’ouvrir, non ? Mais voilà, personne n’a eu ce courage. Tout le monde a essayé et en a été empêché. Empêtrés dans la résignation, harassés par une fatigue morale qui rend toute action difficile et de toute façon vaine.

Alors, ils sont tous rentrés, penauds, ont emprunté les escaliers pour voir Denise. Loïc entre le premier dans sa chambre et en ressort immédiatement, en vomissant ! Quoi ? Que s’est-il passé ? Qu’est-il arrivé à Denise ? Une cohue terrible se forme dans la chambre qui ne peut réprimer un cri d’horreur.

Devant eux, se dresse un tas de gélatine. Son visage ahuri se tient prostré contre une paroi, abreuvant ses amis de la terreur qui l’accable. On devine la malheureuse assise, pliée en quatre plutôt. On imagine un combat terrible et l’on voit la bête progressivement trépasser. Malheureusement, cela ne sauvera pas la jeune femme qui lentement, se fait absorber.

Dégoûté, chacun sort.

– Maintenant, ça suffit ! Tonne Harry. Il faut retrouver le vieillard et lui faire payer la mort de nos amis.

– Et si on appelle la police ? Propose Véronique.

– Non ! Nous devons nous en occuper nous-mêmes ! Si seulement l’on savait où il s’est réfugié ?

Les voilà qui descendent l’escalier tout en réfléchissant.

*

Il faut continuer les recherches dans la maison ! Il y est forcément. Mais où est-il ? On en discute, on spécule, on défend ses arguments. Un brouhaha se forme auquel Véronique semble pourtant indifférente. Le regard orienté vers la fenêtre, elle laisse les autres à leurs discussions. Elle sort. Elle a la certitude qu’elle va le rencontrer.

Effectivement, elle le retrouve près du lac. Elle marche doucement dans sa direction. Tiens ? Elle n’avait jamais remarqué, sur sa droite, trois pierres, mal alignées. Au milieu du gazon desséché.

D’ici, ils forment les contours d’une femme de roche cherchant à s’extirper du sol. Quelque âme damnée condamnée à errer sans fin ?

Elle atteint le lac. Le spectacle est stupéfiant !

Aucun membre du groupe ne s’était aventuré à cet endroit précis. Pour tous, cet arbre penché, ce n’est qu’un gros saule voûté sur un lac. De ce côté-ci pourtant, le tronc a été sculpté. Il forme un gros chat bedonnant, debout sur ses pattes de derrière et tenant une bâche à bout de pattes ! Une fantaisie pareille ? Ici ? Une image aussi douce est-elle concevable quand la souffrance est tellement omniprésente ? Sous la bâche, l’homme à la tête en forme de tasse se tient à l’abri. Il pêche calmement dans le lac qui regorge de poissons affamés qui se précipitent à la surface.

Une telle fantaisie détonne incroyablement avec tout ce qu’elle a connu jusqu’ici. Elle n’imaginait pas cet homme si féru d’art.

– Tout est une question d’angle, explique l’homme. Selon l’endroit où vous êtes, les choses donnent d’elles-mêmes une image différente.

– Il en va de même de vos créatures, n’est-ce pas ? Elles fonctionnent comme un miroir déformant qui restitue une autre parole que ce que les victimes disent réellement ?

– Vous avez compris cela sans les voir à l’œuvre ? Vous êtes perspicace.

Puis il se tait. Elle s’assoit près de lui, dans l’herbe, et le regarde pêcher. Cet instant est incroyable, il ressemble à une après-midi passée en compagnie d’un ami de toujours !

Enfin, Véronique brise le silence.

– Pourquoi est-il impossible d’ouvrir le portail ?

– Au fil du temps, bien des jeunes gens sont entrés ici. Aucun n’en est ressorti vivant. Ces lieux se sont imprégnés de leurs sentiments : le désespoir, la colère, la peur, la résignation, l’abandon.

Il jette nerveusement un peu de pain dans l’eau.

– Le portail a subi de plein fouet toutes ces émotions négatives et cela l’a usé. Il s’est laissé gagner par la rouille. Le contact avec les hommes peut être très destructeur, vous savez ?

– Alors, ceux qui entrent ici perdront forcément la vie ?

Il marque un silence puis répond, d’un ton définitif, mais triste :

– Oui.

La partie de pêche reprend.

– Vous devriez rentrer, Mademoiselle. Vos comparses dépensent beaucoup d’énergie pour me retrouver. Il ne faudrait pas qu’ils nous voient ensemble.

Elle aimerait le convaincre de la pertinence de les laisser repartir. Mais sa désaffection à l’égard des humains est telle que le combat semble perdu. Elle ne trouve aucun argument et sent qu’il ne changera pas d’avis. Elle abandonne, se lève, revient vers la maison, pensive.

*

Véronique s’immobilise net dans une exclamation de surprise tandis qu’une main se pose sur le mur extérieur de la maison. Elle perçoit Harry s’extirpant de la bouche du gigantesque visage de pierre. Ses yeux sont injectés de sang, ses veines ressortent affreusement tandis que ses doigts se crispent davantage.

Elle l’ignore mais il les a aperçus, l’un à côté de l’autre, tandis qu’il regardait négligemment par la fenêtre.

Sans un regard pour son amie, il se précipite vers M. Johnson. Il court comme un fou, bringuebale son corps d’une jambe à l’autre, lourdement. Chaque enjambée en direction de sa cible lui donne un peu plus de courage et d’assurance. Le voilà grisé de vengeance et pourtant, rien ne semble impressionner le vieillard ! Dressé fièrement, il regarde de haut son jeune assaillant. Dans ses yeux, il y a le mépris et la désapprobation, la concentration, la colère, l’envie de tuer. La rage de tuer.

L’inconscient se rapproche, le sage le toise. Maintenant, Harry aperçoit le blanc des yeux de son rival et il n’y voit aucune peur. Il éructe un cri pour l’ébranler mais rien.

Soudain, M. Johnson lève son bras droit et, dans un vaste mouvement circulaire, projette un petit disque dans la direction de l’assaillant. Harry réalise à peine ce qui lui arrive jusqu’à ce qu’il sente une petite, mince, créature se coller à ses lèvres, entrer dans sa bouche !

Il stoppe net sa cavale mais glisse dangereusement pendant de courts instants. Il manque tomber.

Une peur panique le gagne tandis que sa mâchoire se fait douloureuse. Il sent que quelque chose tire sur ses joues, son cerveau devient brutalement douloureux.

– Je vais mourir ! Pense-t-il.

Parvenant enfin à arrêter sa glissade grotesque, il se plie en deux et, dans un mouvement convulsif, agrippe le disque pour tenter de l’arracher. Mais la bête est terriblement bien accrochée, elle a déjà adhéré à son palais, recouvre la langue !

– Ca fait mal ! Arrêtez !

– Je suis désolé du mal que je vous ai fait, s’entend-il dire. Pardonnez-moi, M. Johnson.

Mais ? Qui a parlé ? Serait-ce lui ? Tout à ses vaines tentatives d’arracher la chose par coups secs, il se tourne vers ses amis qui découvrent un visage décomposé et en sueur, les yeux révulsés. Ils sont désolés, ils ne savent pas quoi faire. Devant lui, le regard courroucé de M. Johnson l’accable toujours autant.

Soudain, ses yeux s’écarquillent fortement, à la lumière de ce qu’il s’entend dire.

– Je suis plein de remords, mes amis, j’implore votre pardon. La vie me devient insupportable.

Le visage de Harry devient violet, ses veines sont proches d’exploser. Une brouhaha de surprise envahit l’assistance tandis que ce corps se plie en deux à nouveau, tente vainement de se délivrer du monstre. Se secoue jusqu’à en perdre l’équilibre mais toujours le retrouvant.

Ce corps qui a tellement peur de perdre la vie, comment pourrait-il clamer haut et fort son envie d’en finir ? La créature s’est emparée de lui comme d’une vulgaire marionnette. Elle en actionne les mécanismes selon sa volonté.

Malgré tant de repentance, M. Johnson n’est pas décidé à pardonner. La tête en forme de tasse se fait impitoyable dans la cruauté. Il attend tranquillement que l’œuvre mortelle soit accomplie. Harry peine maintenant à respirer. Ne parvenant plus à avaler sa salive, il s’étrangle et tousse sur la créature, qui par ses mots, rend la mort un peu plus inévitable.

Des larmes coulent le long de ses joues.

– Je suis maintenant décidé à mourir, lui fait dire la créature.

*

Il se redresse soudain, part en arrière, ballottant ainsi l’équilibre précaire qu’il avait pu maintenir. Ses yeux se ferment violemment puis s’ouvrent en entier.

C’est incroyable ! Sa bouche s’ouvre en grand ! D’une manière absolument non maîtrisée. Il tente un effort surhumain pour se contenir mais non, rien n’y fait. La peau de ses joues commence à tirer.

– Non ! Oh mon Dieu, non !

Personne n’entend son cri de détresse mais c’est tout comme.

– Harry ! Fais quelque chose ! l’interpelle Véronique.

Jetant ses dernières forces, il resserre sa mâchoire du mieux qu’il le peut. La bataille est épique.

La créature faiblit ! Lentement, trop lentement, la bouche se referme. D’un petit centimètre. Cela paraît peu mais c’est énorme ! Alors, il redouble encore d’effort, se concentre et tente le tout pour le tout. Il peut le faire ! Lui, Harry, ne mourra pas.

Ses amis l’encouragent, ils applaudissent, crient, le félicitent pour chaque progrès réalisé. Chaque millimètre gagné l’enthousiasme, il se sent regagner des forces qu’il réinvestit aussitôt. Les encouragements augmentent en intensité. Son palais se libère doucement, le chemin de la liberté semble enfin retrouvé ! Et il était temps car les poumons le brûlent.

L’énergie s’épuise vite, malheureusement.

La bête reste forte tandis qu’Harry faiblit dangereusement. Il s’essouffle, halète, toussote. Il sent qu’elle s’agrippe d’autant plus à son palais. La douleur recommence. Son effort paraît de plus en vain tandis que sous les regards déçus et horrifiés de ses comparses, la bouche, à nouveau, s’ouvre, inéluctablement.

Elle s’ouvre en grand. Au point que la peau des joues se tende, se tende encore et toujours plus. Et cette fois, il ne contient plus les avancées de l’ennemi.

Ca y est !

La peau lâche. On entend le bruit infernal d’une déchirure. La douleur est d’une intensité indicible ! La bête poursuit son action, la plaie s’aggrave un peu plus et se met à saigner abondamment. Harry sombre dans la résignation sous le coup de la douleur.

Bientôt, l’horreur devient totale. La bouche s’ouvre en entier, la blessure s’accentue, s’accentue… jusqu’à ce que la moitié haute de la tête soit littéralement arrachée et tombe au sol sous les regards effarés des amis d’Harry. Bientôt, ce corps tout entier ploie dans des convulsions effrayantes.

Profitant de la confusion, M. Johnson rentre vivement à la maison tandis que le malheureux s’effondre au sol dans un bruit sourd.

*

La scène les a tous estomaqués, certains sont pris de nausée. Loïc est peut-être celui qui se remet le mieux. La colère peut être source d’énergie. Il est ulcéré ! Sans crier gare, il se précipite vers l’entrée de la maison.

– Non ! Hurle Mickaël mais en vain. Trop tard pour lui aussi.

Loïc franchit la porte et apparaît au vieillard, pareil à un démon en fusion. Un démon qui provoque sur son passage de gigantesques éruptions volcaniques. A peine fait-il quelques pas que le sol cède derrière lui sous les assauts d’une colonne de feu jaune d’or qui illumine la pièce. Tout du moins, c’est comme ça qu’il s’explique la puissante chaleur qui gagne son corps à présent. Cette colonne est éblouissante, le faisceau de lumière réduit cet homme à une fine ombre noire, pleine d’un esprit de revanche. En face, le vieillard semble un peu fatigué suite à ses derniers efforts. Il s’est calmement assis sur une chaise, près de la table, comme pour assister à un spectacle.

Il contemple l’âme noire qui le rêverait mort. Une vague de désespoir le submerge. Oh, ce n’est pas la crainte de mourir mais plutôt la certitude de son inéluctable survie qui l’attriste. Un court instant, il devient triste. Loïc prend cela pour un aveu de faiblesse, un renoncement à se défendre. Promptement, imprudemment, il s’avance vers le vieillard.

– Si seulement cela pouvait réussir, pense-t-il à part.

Le vieil homme laisse ensuite échapper un intense soupir.

Puis il plonge une main dans sa poche puis, dans un grand mouvement circulaire du bras, il lance l’objet en direction de Loïc. Celui-ci a à peine le temps de voir la bête s’ouvrir en un disque large avant de sentir qu’on lui tranche la gorge !

Véronique arrive à temps pour voir la tête voler dans les airs et s’écraser contre un mur !

Décapité, le corps de Loïc trouve à peine la force de s’asseoir sur une chaise, en face du bourreau. Il s’y affale plutôt tandis que les dernières forces et la vie l’abandonnent définitivement.

*

Le traumatisme est épouvantable.

Véronique détourne rapidement le regard de cette scène. Il lui faut un refuge ! N’importe quoi plutôt que la vision d’un macchabée décapité ! Tout plutôt qu’une tête au sol dont le regard consterné regrette le temps des amitiés innocentes.

L’objet de sa fuite, ce sera un tableau accroché à l’un des murs. L’on y voit une femme en robe noire, de dos et tenant une canne en main, à l’horizontale. Bien que la main fut nettement devant le corps, la canne, elle, se tient derrière. M. Johnson remarque immédiatement son sujet d’attention et vient le commenter.

– Les illusions d’optique nous montrent combien l’œil humain peut être berné, voir quelque chose qui n’est pas la réalité. Voir ce qui n’est pas vrai, pas possible.

La proximité de cette jeune femme l’apaise étonnamment. Sa colère s’amenuise, le désespoir progressivement s’envole. Jusqu’à ce qu’il soit interrompu.

1ère partie2è partie3è partie4è partie5è partie

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Ce que vous dites me touche – 3è partie

1ère partie2è partie3è partie4è partie5è partie

*

– Quelqu’un a des nouvelles de Jim ? Non ? Personne ? Jim, tu es en bas ? Réponds-nous !

Tout le monde s’est retrouvé dans le hall de la maison. Denise est traversée par une anxiété croissante, Loïc a fait chou blanc. L’ambiance est tendue. C’est un échec collectif puisque tous ignorent où M. Johnson se cache. Même Mickaël a changé d’attitude. Sa désinvolture a laissé la place à une certaine nervosité. Qui plus est, son ami Jim est le seul à ne pas avoir rejoint les autres. Oh, il a peut-être tout simplement eu plus de chance qu’eux. Peut-être que le sous-sol sert de cachette au vieillard ? Peut-être qu’ils s’y sont retrouvés ?

Oui mais Mickaël a maintenant ouvert la porte en bois qui grince. Il a jeté un coup d’œil sur les escaliers secrets. Et à cet instant, il a ressenti le silence des lieux. Un silence qui n’a rien de normal.

– On va le chercher ?

Impossible de refuser. Une file indienne se forme par conséquent et s’engage dans les escaliers. La porte se referme derrière eux sans qu’ils ne s’en rendent compte. L’escalier aussi se fait entendre. Ils descendent les escaliers, traversent le couloir et atteignent le cimetière. L’une des tombes les obnubile immédiatement car un vaste disque translucide la recouvre. Un disque qui réfléchit le peu de lumière disponible. Cette créature est vivante et… manifestement, elle en train d’ingérer sa victime ! On entend d’insupportables bruits de déglutition et de gélatine !

Que dévore-t-elle ainsi ? Cela ne fait aucun doute ! En effet, un bras sans main émerge de ce piège mortel. Un bras que tous les crânes, dispersés ça et là dans d’innombrables fosses, paraissent regarder. En récompense d’une lutte acharnée, ce bras a déchiré le voile, entraînant la bête dans une morte lente. On devine qu’un corps humain est étendu dans la tombe. Un corps en train de se faire dévorer, un être qui n’était pas mort avant que cela ne commence ! Mais tant que le monstre lui-même reste en vie, quoique moribond, il mangera !

Mickaël détourne le regard, pris d’une nausée terrible. Les autres sont horrifiés. Cet organe est reconnaissable entre mille. Jim ! La crainte d’une menace les amène à faire demi-tour, à grimper les marches quatre à quatre pour enfin retrouver l’air libre. L’on se bouscule, quitte à se faire tomber ! On maudit l’insuffisance de lumière. Essoufflée, harassée, l’équipe est ravie d’avoir enfin pu fuir. Mais elle n’est pas fière d’elle. Et Denise a a failli se faire écraser, par-dessus le marché ! Mickaël a fermé la marche et la porte.

Ca y est, c’est terminé.

*

Ayant à peine atteint le rez de chaussée, Denise ne peut plus retenir un long sanglot. Voilà son corps secoué de spasmes ! Elle pleure, elle pleure et puis… plus rien !

Quoi ? Qu’est-ce que c’est ? Que se passe-t-il encore ?

On ne comprend pas immédiatement.

Elle subit l’assaut d’une apparition éclair dont la brutalité lacère profondément ses entrailles. Une image envahit son cerveau qui retourne son estomac de dégoût. Lorsqu’enfin elle disparaît, l’esprit embrumé de Denise retrouve ses émotions et la malheureuse se remet – petit à petit – à pleurer… Jusqu’au flash suivant qui la fait vaciller comme si elle reçoit un coup de poing.

Qu’y a-t-il sur cette image ? Tous l’ignorent ! Oh, trois fois rien, ne vous inquiétez pas ! Des yeux injectés de sang avalés par un voile organique !

A vrai dire, tous sont éprouvés. Harry et Loïc craquent et, de colère, viennent accabler Mickaël.

– Tu as vu ce que tu as fait ?

Il ne répond pas.

Il est encore sous le choc. Il réalise avec horreur que sa plaisanterie de mauvais goût a conduit son grand ami à la mort. Cela fait de lui non plus le sale gosse qu’il aimait incarner, non pas un « bad boy » mais le complice d’une mort qui a dû être atroce ! Et puis, il y a aussi, il y a surtout l’image traumatisante d’un bras tendu dans sa direction. Qui s’est extirpé à grand peine d’une masse organique. Un bras dont il manque la main. Qui appelle à l’aide et auquel personne ne répond.

Les critiques pleuvent, certaines plus vives que d’autres. Un concert lamentable de reproches débute.

– Ça suffit ! Interrompt Véronique. Personne n’aurait pu s’attendre à ce qui s’est passé. Nous devons rester unis. Après tout, nous sommes peut-être en danger.

– Tu veux dire, reprend Harry faiblement, que Jim ne serait que le premier ?

– Je n’en sais rien. Il y a décidément quelque chose de bizarre ici. J’ai le sentiment que même si nous le voulions, nous aurons du mal à quitter les lieux. Tout à l’heure, je suis allée à côté du portail. J’ai ressenti à cet endroit un abattement violent qui a brisé en moi toute envie de fuite. L’aurai-je désiré que je n’aurai tout simplement pas eu le courage de m’évader d’ici !

– Nous sommes donc prisonniers, constate Loïc, défaitiste.

– En tout cas, intervient Mickaël, le vieux reste introuvable. Je l’ai cherché partout à l’étage sans le voir.

– Vous m’avez cherché ? Vraiment ?

*

Un claquement de pas réguliers se fait entendre. Il annonce la venue de M. Johnson. Quelle voie doucereuse ! Quelle froideur ! Denise ne peut empêcher un hoquet de dégoût devant ce visage abîmé en forme de tasse. De près, ses yeux, maintenant à nouveau renfoncés, semblent inexpressifs. Ce visage repoussant sort de l’ombre pour s’imposer à la vue de chacun. Un être que l’on déteste et que l’on redoute pourtant. Est-il lié à cette mort ?

– Jim est décédé, sanglote Denise, et nous l’avons trouvé dans votre cave qui est aménagée comme un cimetière !

– Est-ce vous qui l’avez tué ? Demande Véronique.

M. Johnson n’a guère envie de répondre à cette question. C’est pourquoi il lui assène un regard dominateur. Son expérience le convainc qu’il en aura vite raison. Et pourtant, non ! Véronique ne cède pas, elle persiste, même.

– Êtes-vous oui ou non mêlé à sa mort ?

– Oui, répond-il, vaincu, d’une voix lente et sans appel.

D’émotion, tous se recroquevillent.

– A présent, laissez-moi.

Les abandonnant à la terreur collective qu’ils ressentent, il emprunte les escaliers pour disparaître à l’étage. Il a toutefois un dernier regard pour Véronique dont la vue suffit à détendre légèrement son visage. Il ne s’attendait pas à une telle attitude de sa part.

Denise se rappelle alors au bon souvenir de chacun par un bruit de chute. Elle s’est évanouie. On la transporte dans une chambre.

*

– Que va-t-on faire maintenant ? Hasarde Loïc, désignant Denise.

– Il faut la laisser se remettre, répond Véronique. En attendant, sortons examiner le portail. Peut-être trouverons-nous un moyen de fuir ?

– C’est sans danger de la laisser seule ?

Véronique baisse soudainement le regard, sa voix diminue d’intensité.

– Je ne sais pas. Mais si l’un de nous reste avec elle et qu’un danger surgit, il périra aussi sûrement qu’elle. On ne peut pas se permettre de sacrifier des vies inutilement.

Argument terrifiant mais auquel tout le monde s’est rallié. Aussi on l’abandonne la mort dans l’âme.

C’est qu’elle fait peur, Denise, en cet instant ! Son corps endormi est traversé de soubresauts violents. A la faveur de ses mouvements, son tee shirt s’est soulevé, dévoilant un ventre qui se déforme. Une créature chercherait-elle à en sortir ? Quelle horreur ! En partant, Mickaël jette un ultime regard sur son amie. Un mauvais pressentiment l’anime qu’il n’ose pas confier aux autres. Il cherche un peu de réconfort du côté de Véronique. Elle demeure silencieuse mais elle pense la même chose. Leur connivence d’un instant ne le rassure pas du tout. Bien au contraire. Maintenant, il est certain qu’il envoie une deuxième personne à la mort.

Enfin, le brouhaha et les bruits de pas laissent rapidement la place au silence.

*

Bien qu’épuisée, Denise se réveille soudain dans la tristesse. Elle se sent isolée. Où sont passés tous les autres ?

Bientôt, un halo de lumière émerge de la porte d’entrée. Que se passe-t-il ? De larges disques de voile entrent, roulant sur la tranche. Ils s’alignent en rangée et forment ainsi les contours d’un chemin. Un chemin, mais pour qui ? Le halo de lumière, déjà agressif, se fait soudain de plus en plus intense. Éblouissant, aveuglant même.

Denise doit dissimuler ses yeux pour se protéger. La chaleur de la lumière la brûle. Entre l’interstice de ses doigts, elle remarque toutefois qu’une ombre pénètre dans la chambre.

Elle voit la silhouette d’un homme fin, d’âge mûr et dont la tête a la forme d’une tasse. Une tasse au soubassement étroit, dont les parois remontent en formant une large ouverture. D’étranges bandes de lumière jaillissent, heurtent les murs. Rebondissent, traversent la pièce en diagonale. Elles donnent à la scène une granularité épaisse, une rugosité prononcée. On dirait qu’un peintre a déversé sa haine en peignant la lumière par grands jets nerveux !

Denise tressaille, se tend dans son lit. D’instinct, ses mains s’agrippent aux draps. Lui continue d’avancer lentement tandis que le halo de lumière diminue. Son pas est lent, nonchalant. En vérité, non : plutôt lassé, désespéré.

Petit à petit, elle reconnaît les traits de son visage, ses yeux si caractéristiques. Il traverse la moitié de la chambre et s’immobilise.

Une mélancolie infinie parcourt un corps qui ne sait plus exprimer ses émotions.

Ce visage d’abîme ne sait plus pleurer. Denise est tétanisée mais pas indifférente. La voilà prise d’une compassion étrange pour cet être que la vie semble ne pas avoir épargné. Elle n’attend pas de lui de la reconnaissance. Il demeure de toute manière silencieux, inexpressif.

Eh bien quoi ? Il ne dit rien ?

Sans prévenir, il se voûte. Ses traits de visage se tendent fortement, ses doigts se crispent autour de sa tête devenue subitement douloureuse.

Il crie d’une manière si atroce que Denise en ressent une peur incommensurable ! Les yeux exorbités, elle le voit se dandiner monstrueusement, dans des positions à l’équilibre précaire. Son cri est caverneux, comme s’il cachait une créature enfouie en lui.

Pendant ce temps, les faisceaux de lumière sont… mais oui ! Ils prennent vie ! Elle les voient se déplacer, se fédérer et se suspendre au plafond. Ils forment une créature improbable, à la forme indéfinie. Que font-ils au-dessus de M. Johnson ? On dirait qu’ils lui aspirent la vie !

Comment procèdent-ils ? Elle l’ignore ! Mais il est maintenant manifeste qu’ils aspirent son élan vital.

« Que la douleur cesse ! Pitié ! » implore-t-il.

Peu importe, personne ne lui viendra en aide.

– Il va mourir ! S’insurge Denise en direction du plafond. Pour l’amour de Dieu, votre maître va mourir !

Les bêtes ne l’écoutent pas. Denise crie encore plus fort mais en vain. M. Johnson se crispe toujours davantage.

Bientôt, sa tête se déforme affreusement, se décompose en strates horizontales glissant de façon autonome de gauche à droite. On dirait l’image déformée d’un vieux téléviseur !

Il va mourir. Il va mourir. Il va mourir.

Sa résistance est héroïque, d’autant plus qu’elle paraît vouée à l’échec. Il tente, il échoue, il réessaie mais ne fait pas mieux.

Et puis ses mains lâchent tombent lourdement le long du corps.

Tout est perdu ! Tout est fini.

*

Denise se réveille et se redresse brutalement, dans un soupir. Elle est essoufflée, en sueur. Elle tente de reprendre sa respiration. Ce n’était donc qu’un rêve ? Horrible cauchemar ! Autour d’elle, il n’y a pas de créature, pas de halo, il n’y a rien au plafond ni personne à l’entrée. Elle rit nerveusement. Oui, assurément, ce n’était qu’un rêve !

Elle a besoin de se secouer un peu. Elle se lève et d’un pas mal assuré, entame quelques pas.

– Vous comptiez sortir ?

*

La voix est grave et solennelle. Il lui fait face. Finie la tristesse, balayée la peur de mourir. L’a-t-il jamais eu ? Il a retrouvé son air cérémonieux et désabusé et elle, la réalité et tous ses dangers.

– Refuseriez-vous mon hospitalité, par hasard ?

Non non, bien sûr que non ! Elle est heureuse d’avoir pu dormir et retrouver des forces. Mais elle ne peut lui avouer combien il lui fait peur, cet homme si atypique. Machinalement, elle fait un pas en arrière devant son regard sévère. Quant à lui, il saisit l’une de ses créatures et la lui jette dessus !

La créature l’entoure immédiatement tandis qu’elle tombe à la renverse. Affolée, elle voit l’homme approcher.

– Qu’est-ce que vous me voulez ?

– Oh, s’exclame-t-il d’une voix doucereuse, vous êtes reconnaissante de mon hospitalité ? J’en suis ravi.

– Je ne veux pas mourir ! Libérez moi, je ne veux pas mourir !

Elle se met à pleurer fort. Ses larmes deviennent douloureuses au moment où elle entend ces paroles :

– Vous trouvez mon visage séduisant ? Personne ne m’avait dit ça. Personne ne l’aime, mon visage. Vous, si ? Quel bonheur pour moi de ressentir un amour d’une telle force ! Quel dommage que l’âge soit un terrible océan qui nous sépare. Mais je devine que cet océan, vous le traverseriez à la nage s’il le fallait. N’est-ce pas ?

Denise cesse immédiatement de parler. Elle est soudain prise d’horreur en espionnant sous le voile de cet homme. Le regard illuminé de cet homme la convainc qu’il la voit amoureuse de lui ! Alors, elle se décide à lancer quelques mots dans sa direction.

– Pourquoi vous faites ça ? Murmure-t-elle péniblement.

– Vous m’aimez ? Comme je suis gêné.

Elle est écœurée d’un tel délire. Elle réalise à présent que la créature s’est accrochée au sol par des ventouses. Impossible pour elle de s’échapper ! Elle sent d’ailleurs un liquide gélatineux la toucher ! La bête entreprendrait donc de la dévorer ? Une menace aussi forte la sort de la léthargie et de l’inaction.

Alors elle se secoue, gesticule, tente de déchirer le voile mais ce n’est pas si facile ! Elle vocifère comme une folle, maudit cet homme dont les yeux émoustillés la voit peut-être danser pour lui. Effectivement, les bras levés et grand ouvert, il tente d’accueillir l’amour immense qu’il croit apercevoir chez cet femme.

Au paroxysme de son bonheur factice, il démarre une danse parfaitement ridicule. Tournant autour de lui-même, il engage une partenaire invisible dans une valse rythmée. Denise se débat et lui, il danse avec son âme. Poursuit sa farandole, accélère ses pas puis se dirige vers la sortie de la chambre.

– Au secours, hurle Denise, sauvez-moi !

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Ce que vous dites me touche – 2è partie

1ère partie2è partie3è partie4è partie5è partie

Le lendemain, chacun et chacune se réveillent, résolus à visiter les lieux. Au rez de chaussée, un feu crépite qui a suffi pour réchauffer de la pièce. Le froid de la veille fait désormais place à une chaleur qui réconforterait si elle ne détonnait pas avec l’atmosphère mystérieuse des lieux.

Il y a ici un secret que l’on veut percer. Tandis que les autres négocient, se répartissent la maison par secteur, Jim a immédiatement choisi de franchir la fameuse porte secrète, de traverser l’escalier souterrain. Est-ce une si bonne idée ? Est-ce prudent d’y entrer seul ?

– Ca ira, rassure-t-il les autres après son annonce.

Personne n’aurait voulu y aller mais tous se soucient sincèrement de lui.

*

Jim a encouragé ses comparses et reçu des messages de soutien. A présent, il est temps de se séparer.

C’est une vieille porte en bois massif, rongée par les vers. A force d’avoir subi de tels assauts, elle ferme mal, désormais.

Il active la poignée de la porte. Elle s’ouvre dans un grincement sinistre. Sa manière à elle de se plaindre de sa condition, certainement. Qu’importe ! Il s’engouffre dans un couloir avec détermination. Prudence, discrétion. Il n’y a pas un bruit, ici ! Il s’attaque lentement aux marches d’escaliers. Le voilà dans un espace bien confiné ! L’on hésiterait presque à respirer tant chaque bruit perturbe la quiétude des lieux.

Tandis qu’il arrive à mi-chemin, la porte du haut se fait remarquer, se ferme sans intervention humaine. Ce n’est pas de la magie. Ça n’en est pas moins inquiétant, suffisant pour que son front soit perlé de sueur.

Il ne peut plus reculer. Le délire de Mickaël n’était jusqu’ici qu’un jeu idiot, une plaisanterie. Il en éprouve maintenant la stupidité. Ce jeu serait-il dangereux ?

Il existe tout simplement des forces qu’il convient de ne jamais déranger. Oh, ce n’est pas que Jim y croit. Il s’y refuserait volontiers. Il n’aime pas la littérature fantastique. Les savants fous, ceux qui expérimentent des choses étranges dans un coin reculé du monde, le dégoûtent. Les romans d’épouvante le laissent de marbre ; l’ésotérisme le fait rire. Jim est un militaire. Sa tête carrée, ses traits durs, ses cheveux blonds font de lui un archétype du soldat et ça lui va bien. Ça lui permet d’affirmer au monde qui il est, ce qui l’intéresse. Cela permet aussi d’effaroucher, d’écarter, ceux qui veulent le détourner de sa voie au profit de puérilités. La littérature, l’art… fadaises que tout cela ! Seule compte l’action.

Mais ici ? Qui compte-t-il impressionner ? Les murs ? La poussière volante ? Noyé dans un silence impénétrable, il sent son système de défense démasqué, déjà contourné, vaincu. Ça ne l’arrête pas mais ce n’est pas confortable. Lui le soldat invincible, en cet instant, se sent si impuissant. Il continue son chemin malgré tout, atteint enfin le bas de l’escalier et débouche sur une porte. Est-elle piégée ? Quelque monstre l’attend-il derrière ?

Prudence. Silence. Hésitation.

Ouvrira ? Ouvrira pas ?

Oui, il le fait ! Ouf ! Rien ne s’est passé : Jim débouche sur un autre corridor, étroit celui-là et en légère pente. Il s’y engage. L’endroit est profond, un peu humide. Les murs sont ornés d’un alignement d’arches gothiques donnant sur des murs de pierre. A la faveur d’une myriade de chandeliers, une lumière faible mais chaude se diffuse ça et là. Il règne ici une ambiance de mysticisme qui ne convient absolument pas au fougueux militaire.

Pour se rassurer, il progresse au pas cadencé d’un soldat. En quête de repères, il espère effrayer tout intrus. A la vérité, même marcher lui devient pénible. L’humidité alourdit ses jambes.

Mais il ne peut pas renoncer. Reculer signifierait déserter, l’humiliation, la défaite, le déshonneur. Alors, il continue.

Son visage est incroyablement tendu. Ce n’est plus seulement la concentration, c’est aussi la crainte que quelque chose ne se profile.

Et ce souffle d’air si étrange ? On dirait une voix venue d’outre-tombe lancer comme un appel à son attention : « Jim ». Quoi ? Qui ose lui parler ? Comment connaît-on son prénom ?

Jim ! Jim !

Ca suffit, montrez-vous !

Mais cela, l’invisible ne sait pas faire.

Le soldat poursuit son chemin, un peu plus vite qu’avant, de façon nerveuse. Jusqu’ici, il refusait de prêter la moindre attention aux arches. Sauf qu’en tournant la tête sur sa droite, il aperçoit un fantôme voler ! Un fantôme que l’on aurait dessiné à la craie, avec des lignes sinueuses, des courbes.

C’est… le corps fin et étendu d’une femme qui se prolonge dans des lignes infinies. Une femme aux cheveux longs, au visage ovale.

Eléonore.

*

Il s’arrête net pour la voir voler d’arches en arches.

– Eléonore ? Appelle-t-il sur le ton d’un petit garçon.

Il n’en croit pas ses yeux !

Elle ne répond pas, continue d’évoluer le long du mur. Elle n’a pas un regard pour lui. Lui la suit imprudemment. Des larmes jaillissent de son corps ! Il ne s’attendait pas du tout à cette rencontre. Pourquoi s’enfuit-elle ? Pourquoi le fuir ?

Il se met à accélérer, à courir même. Il veut comprendre. Il traverse la moitié du couloir, l’interpelle, vocifère, répète sans fin « Eléonore ! ». Elle s’arrête net. Enfin ! Elle s’assoit, l’attend ! « J’arrive, Eléonore ! »

Il se place en face du mur et la contemple. Être devenue un fantôme ne lui a pas fait perdre sa beauté ! Eléonore, son grand amour. Morte dans un tragique accident de voiture. Elle le fixe intensément, sans rancune, sans colère. Mais croyez-le ou non, son expression n’en est que plus effrayante.

– Eléonore, pardonne-moi, murmure-t-il faiblement.

Il ferme les yeux un instant et s’incline. Il s’approche d’elle et la pose doucement au creux de son épaule. Contre le mur, à vrai dire. Mais cela lui suffit, il sent son souffle. Il cherche son réconfort et savoure cet instant où la Mort et la Vie peuvent se réunir. Il danserait volontiers avec elle s’il le pouvait. Comme c’est bon !

Voulant la remercier, il se redresse.

– Eléonore !

Il pousse un cri en la voyant se lancer à l’autre bout de la pièce. Il veut à tout prix la suivre, il y parvient. Il court, de plus en plus vite. Il la rejoint. Elle s’arrête et se fige sur une porte en bois. Elle ouvre grand des yeux superbement dessinés. Un voile sépulcral plane majestueusement autour d’elle. Ses gestes sont gracieux comme jamais. Elle fut belle dans la vie, elle sera superbe dans la mort !

S’avançant vers elle, encore larmoyant, il lève la main gauche et ouvre la paume dans sa direction. Elle fait de même. Il s’approche, pose sa main sur la sienne. Trop vite, trop fort. La porte glisse s’ouvre tandis que, sous ses yeux désespérés, le fantôme de la belle disparaît progressivement.

Il retiendra toujours le regard qu’elle lui a adressé. Un mélange d’ingénu, d’impersonnel, d’entendu.

Et devant lui, le chemin se libère.

*

Ce qu’il voit fige littéralement son sang dans ses veines ! Une pièce gigantesque.

Devant lui, des rangées entières de trous rectangulaires ! Des trous profonds, aux dimensions d’un homme. Ce qu’il y a dans chacun d’eux ? Deux à trois crânes humains ! On devine de malheureuses victimes brutalement décimées. Certaines sont même déformées par la peur ! Quelle collection macabre car, à l’évidence, c’en est une ! Chaque crâne a été méticuleusement nettoyé. Il ne subsiste plus aucun morceau de chair, pas même de la pourriture. Tous sont propres et ont été entreposés avec délicatesse pour délivrer un message aux nouveaux arrivants.

Jim n’en revient toujours pas ! Il s’avance. Mais ne les entends-tu pas, Jim ? Ne les entends-tu donc pas te hurler de fuir ?

Non, manifestement pas. Lui, il zigzague entre les tombes, le regard obnubilé par ces vestiges d’histoires épouvantables. Son regard se perd, se vide. Il ne voit plus tant les fosses que les crânes. Jusqu’à ce qu’une voix le fasse sursauter :

– Vous ne vous attendiez pas à cela, j’imagine ?

Il hoquette et, de frayeur, tombe et atterrit entre 3 crânes qu’il attrape machinalement. A l’évidence, ce ne sont pas des peluches dont le contact est rassurant ! Il s’en rend vite compte. En quête d’un réconfort même relatif, il les observe et réalise ce qu’il tient en main. Le dégoût le pousse à saisir l’un d’eux et le lancer au loin.

– Le malheureux, murmure la voix doucement, pourquoi avoir fait ça ?

Le danger de la situation augmente sensiblement. Cette voix délicate masque la colère profonde ressentie par cet homme. Ce n’était pourtant qu’un crâne, quelle importance après la mort ? Jim ne comprend pas.

Toujours est-il que la question posée le frigorifie. M. Johnson est furieux. Ses orbites sont moins profondes. On voit à présent nettement deux yeux noirs courroucés.

Jim n’a pas pu, n’a pas su réagir. Et maintenant, un voile lui tombe dessus, sorte de couvercle de matière organique. Quelle est cette chose ?

Instinctivement, il saisit un crâne et le lance fortement. Geste puéril. Le crâne rebondit et vient s’écraser lamentablement dans la fosse, ce qui agace encore plus le vieillard.

– Que me voulez-vous ? Demande Jim.

Les lèvres de M. Johnson se meuvent mais il n’entend rien.

– Que voulez-vous , répète-t-il d’une voix plus forte. Répondez, bon sang ! Que cherchez-vous, salopard !

C’était une provocation mais elle a échoué ! M. Johnson ne réagit même pas à l’insulte. Il est étonnamment calme, souriant qui plus est. Alors, le soldat entreprend un corps à corps de la dernière chance avec la créature. Il la frappe, tente de l’écarter mais elle tient bon et même, elle se rapproche inéluctablement de son corps. Le vieillard ne hausse pas même un sourcil. Il ne semble même pas voir les assauts désespérés de Jim !

Qu’affronte-t-il, au juste ? Une plante ? Un animal ? A présent, cela entoure ses jambes, enserre ses bras, son visage, se plaque sur son torse. Jim ne peut plus se débattre. Implacable, la chose l’empêche même de respirer ! Il est prisonnier !

La panique gagne le militaire. Plus il se débat, plus elle resserre l’étau.

De l’air ! De l’air ! Jim ne veut pas mourir ! Le désespoir libère des forces enfouies. Jim se débat sauvagement et réussit à libérer sa tête pour l’écraser contre le sol. C’est un geste vain mais il croit encore en ses chances. Il se jette aux côtés du troisième crâne qui le gratifie d’un air apitoyé. Sauf que la créature n’a pas abandonné le combat, elle retombe sur lui et s’empare à nouveau de lui.

Non ! Jim ne veut pas mourir !

L’assaut est irrésistible. Et lui, il suffoque de plus en plus.

La chose n’a aucun muscle et pourtant elle l’enserre toujours plus fort. Elle commence à le dévorer ! Sous le coup de la douleur, Jim pousse un hurlement sordide que M. Johnson n’entend même pas. La douleur augmente terriblement tandis que le corps de Jim s’engourdit. Ses dernières forces ne servent plus qu’à un seul objectif : rester en vie.

Puis, finalement, le soldat perd connaissance.

1ère partie2è partie3è partie4è partie5è partie

News du blog

What is the name of the house young boys and girl will visit ?

Hello !

Thank you for reading this post. If you’re there, I guess you are likely to learn to speak and understand french. And you’re right, it is a very pretty language. Guess what ? I am french and I would like to make love more and more my native language.

 

So let’s play together, will you ? I have written and short story in french and I would like to make you listen the first part.

« Ce que vous dites me touche » – Part One

Listen carefully and try to answer to all of these four questions.

 

What is the name of the house young boys and girl will visit ?

Can you describe the house entrance door ?

How many animals are on the chimney ?

What has the voice told to Jim ?

 

Need some help ? Here you find the initial text of the story. The script has been very slightly different so it will help you.

« Ce que vous dites me touche » – Part One

Think you’re ok ? So please post in comment all of your answer. And I will say you if you’ve won ! Good luck ! Now, it’s your turn !

Have you liked the first part of the story ? Do you think it helps you learn french ? So make the world more french speaking again and please share it with your friend on Twitter, Facebook or anywhere ! And you can suscribe to the newsletter to receive the next part of the story ! Thank you a lot !

 

 

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Ce que vous dites me touche – avril 2017

1ère partie2è partie3è partie4è partie5è partie

« C’est donc entendu ! Nous passerons la semaine à la Villa du Trouble. Son propriétaire nous accueillera le jour même. »

Mickaël clôt ainsi la séance avec enthousiasme. Ses beaux yeux bleus dégagent une telle intensité que personne, autour de la table, n’ose le contredire. Il faut dire que sa silhouette carrée d’ancien joueur de rugby force le respect !

Lire la suite « Ce que vous dites me touche – avril 2017 »

J'écris : mes nouvelles, sketchs...

Saga MP3 – Ce que vous dites me touche – 2017

« Ce que vous dites me touche » est à l’origine une nouvelle d’épouvante écrite début 2017 puis adaptée au format d’une saga MP3, grâce à l’implication de beaucoup d’acteurs. ELle relate les terribles mésaventures d’un groupe de jeunes gens en quête de sensations fortes dans un manoir maudit.

 

Un casting de rêve :

Le narrateur : –> Joué par Ultrartemium

Denise : –> Joué par Istria
Véronique : –> Joué par Tamica
Mickaël: joué par Sekras
Loïc : Joué par Khelian
Eleonore : Joué par Ranne Madsen
Jim : –> Joué par Gihellcy
L’amour maudit de M. Johnson : Joué par Ranne Madsen
Les crânes –> joués par Sekras
Harry : –> Joué par Lorendil
Monsieur Johnson : –> Joué par Sekras
Les élèves : –> Joué par Lorendil

 

 

Découvrez la saga sur Soundcloud :

Première Partie

Deuxième partie

Troisième partie

Quatrième partie

Cinquième partie

 

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News du blog

Un projet en cours sur le thème des livres

Cela fait un an environ que je projette d’écrire sur le thème de la passion pour la lecture. Notre façon de chercher, de lire des livres a beaucoup évolué dans le temps avec l’arrivée des nouvelles technologies, le développement d’une offre absolument pléthoriques de livres.

Le point de départ de ma nouvelle, c’est donc une manière un peu différente de chercher ses lectures qui consiste à aller chiner dans des brocantes, des antiquaires, des vides-greniers pour trouver de nouvelles lectures intéressantes. Je ne vous en dis pas plus, attendez de voir ce que mon imagination débridée fera de ce sujet !